Buse pattue

Buteo lagopus - Rough-legged Buzzard

Systématique
  • Ordre
    :

    Accipitriformes

  • Famille
    :

    Accipitridés

  • Genre
    :

    Buteo

  • Espèce
    :

    lagopus

Descripteur

(Pontoppidan, 1763)

Biométrie
  • Taille
    : 60 cm
  • Envergure
    : 120 à 150 cm.
  • Poids
    : 783 à 1660 g
Longévité

11 ans

Distribution

Distribution

Description identification

Cette buse typique possède de larges ailes, un grand corps, une large tête et une queue relativement courte. Par rapport à la Buse variable avec laquelle elle est souvent confondue, les ailes et la queue sont plus longues. A faible altitude, en terrain découvert, son aspect général rappelle assez celui d'un busard, lorsqu'elle a les ailes relevées. Le mâle présente une silhouette plus compacte que la femelle et les jeunes. Cet oiseau propose deux plumages différents, une phase claire et une phase sombre, ainsi qu'un grand nombre de plumages intermédiaires. Il existe des variations individuelles mais elles sont moins évidentes que chez la Buse variable.
La buse pattue est immédiatement identifiable à sa queue caractéristique blanche à large bande terminale foncée, encore plus nette sur la face supérieure uniformément sombre. Sur la face inférieure, les rémiges sont presque toujours identiques : claires avec de fines barres, ce qui est surtout visible chez les mâles. Leur extrémité foncée forme une frange sombre sur le bord postérieur de l'aile. La base des rémiges primaires les plus externes ne porte aucune barre, ce qui fait apparaître une plage claire sur la main. D'autre part, une tache noire marque le poignet de l'aile. Elle est surtout visible par dessous en vol et chez les sujets de couleur claire. Alors que la partie supérieure du dessous et la zone pectorale sont clairs avec des stries irrégulières fauves ou gris-brun, le ventre et les flancs présentent une coloration sombre, ce qui est caractéristique de l'espèce. Chez les adultes, les parties supérieures, du manteau jusqu'à la queue, sont généralement beaucoup plus sombres que chez les juvéniles et elles forment un contraste saisissant avec la tête claire. Les pattes, fortes, sont emplumées jusqu'aux serres. La différenciation entre les sexes est théoriquement possible. Cependant, dans la pratique, elle s'avère extrêmement difficile car tous les caractères sexuels habituellement décrits ne sont pas nécéssairement présents chez tous les individus.
Chez les juvéniles, les parties inférieures sont en grande partie blanchâtres. Les tâches des poignets, le ventre et les flancs sombres forment un net contraste. La face supérieure présente un aspect global plus clair que chez les adultes : la tête est grisâtre clair, le manteau et les couvertures alaires brun clair, avec en général une grande plage claire sur les rémiges primaires.

Indications subspécifiques 4 Sous-espèces

  • Buteo lagopus lagopus (widespread)
  • Buteo lagopus menzbieri (ne Asia)
  • Buteo lagopus kamtschatkensis (Kamchatka Pen.)
  • Buteo lagopus sanctijohannis (Alaska, Canada)

Noms étrangers

  • Rough-legged Buzzard,
  • Busardo Calzado,
  • Bútio-calçado,
  • Raufußbussard,
  • Gatyásölyv,
  • Зимняк,
  • 毛脚鵟,
  • Ruigpootbuizerd,
  • Poiana calzata,
  • Fjällvråk,
  • Fjellvåk,
  • myszołów włochaty,
  • myšiak severský,
  • káně rousná,
  • Fjeldvåge,
  • piekana,
  • ,
  • オオケアシノスリ,

Voix chant et cris

Miaulement assez fort mîh-ou plutôt rare.

Habitat

Elle possède deux habitats distincts : pendant la saison de nidification, la buse pattue fréquente les zones situées au nord de la ligne des arbres. La limite sud de son aire coïncide avec la ligne des arbres dans lesquels elle niche en suivant la bordure de la forêt boréale. Plus au nord, dans l'Arctique, elle occupe surtout les falaises qui longent les cours d'eau, les escarpements rocheux ou les sites élevés analogues. Durant cette période, la buse pattue utilise essentiellement le même genre d'habitats que les autres prédateurs de l'Arctique, c'est à dire les gerfauts, les corbeaux nordiques et les pélerins. Pendant la saison d'hivernage, elle recherche des sites qui se rapprochent en apparence des paysages de la toundra arctique : plaines, prairies, aéroports, marais côtiers, campagnes cultivées d'Europe avec ou sans couverture boisée, toutes sortes d'habitats qui offrent une excellente visibilité à longue distance. Comme la chasse est effectuée à l'affût à partir de perchoirs, la buse pattue se pose sur des poteaux, des mâts, toutes sortes de lieux situés en hauteur et qui sont disponibles. Les rochers et les monticules situés en zone ouverte sont également utilisés.
En période de nidification, la buse pattue a une répartition circumpolaire (nord de l'Europe, Scandinavie, Sibérie du Nord, Alaska et extrême nord du Canada). Au cours de la saison hivernale, dans le Nouveau Monde, elle occupe l'ensemble des Etats-Unis, hormis les états du deep south de la Virginie Occidentale jusqu'à la Floride. Sur l'Ancien Continent, sa distribution s'étend de l'Europe Centrale et Orientale, en passant par la Russie, le Sibérie Occidentale jusqu'à Vladivostock et la Mandchourie.

Comportement traits de caractère

C'est une espèce migratrice : elle part en août-septembre et revient en avril-mai. Pendant la mauvaise saison, on la retrouve surtout en Europe Centrale et Orientale. Peu nombreux sont les couples qui poussent plus en avant vers l'ouest ou vers le sud, si bien que son obervation est rare en France. La buse pattue est monogame. Elle conserve des liens avec son partenaire durant toute la saison de reproduction mais on ignore si cet attachement reste valable pendant l'hivernage. On suppose que des liens se tissent entre les sexes pendant cette dernière saison puisque les couples arrivent sur les lieux de reproduction en étant déjà appariés. Quoi qu'il en soit, en cas de perte d'un partenaire, le survivant remplace assez rapidement le disparu, n'attendant souvent pas la saison suivante. Dès l'arrivée sur les lieux de la nidification, les buses pattues doivent affronter la concurrence des prédateurs sédentaires (corbeaux et gerfauts) ainsi que celles des faucons pélerins qui arrivent quasimement en même temps. Bien souvent, les pélerins délogent les buses pattues des sites qu'elles ont choisis. Heureusement, ces dernières sont très conciliantes quant à l'emplacement de leur nid et parviennent facilement à cohabiter avec les trois autres espèces. En dépit de la difficulté à conserver leur site de nidification en raison de la concurrence des autres prédateurs, les buses pattues tentent de le réutiliser, parfois avec succès, années après années;

La parade nuptiale d'avant nidification n'est pas été étudiée en détail, cependant les observations réalisées en Europe suggèrent qu'elles sont assez identiques à celles des autres espèces de buses. Un individu seul ou un couple accomplit des cercles élevés dans le ciel, marquant probablement son territoire. Le couple émet parfois des cris alors que les deux partenaires volent de concert. Le mâle entreprend parfois une danse céleste au cours de laquelle il ferme soudain partiellement les ailes, se laisse tomber, monte de nouveau , perd de la vitesse et change de direction avant de reprendre la manoeuvre.
Le vol : La buse pattue a un vol assez différent de celui de la Buse variable. Il est caractérisé par des battements plus lents et plus souples. En vol plané, les bras sont relevés et la main horizontale contrairement à la Buse variable qui adopte une position différente : bras et main à plat ou main légèrement abaissée.

Alimentation mode et régime

La plupart des observateurs s'accordent pour affirmer que les petits rongeurs, campagnols du genre microtus ou lemmings du genre dicrostonyx et lemmus, représentent entre 80 à 90 % de son régime et ceci, quelles que soient les saisons. Les oiseaux, (46 sortes de passereaux, mais également des pluviers dorés et des lagopèdes) représente pratiquement le reste de sa consommation. L'alimentation d'hiver est très semblable en ce qui concerne les rongeurs. Les oiseaux ne constituent plus qu'une faible proportion (environ 8%) et les proies sont parfois de plus grande taille (faisans de Colchide, Perdrix grises). Levrauts et cadavres de petits mammifères rentrent également dans la composition du menu.

Reproduction nidification

Lorsque les arbres propices à la nidification sont absents ou en nombre insuffisant, les buses pattues choisissent les corniches de falaises ou d'autres plates-formes semblables. Elles peuvent également installer leur nid au sommet d'un rocher situé sur le versant escarpé d'une colline, à terre dans une rupture de pente ou dans le même genre d'endroit s'il présente de bonnes conditions de visibilité. Le nid est fabriqué principalement de branches. La taille de la ponte est variable car elle dépend considérablement du bon approvisionnement en ressources alimentaires. Dans le paléarctique, le nombre d'oeufs varie de 5 à 7, les années ou les lemmings sont importants, et seulement de 2 à 3, lors des années de pénurie. En juin, la femelle dépose chaque oeuf à deux jours d'intervalle. L'incubation dure entre 28 et 31 jours. La femelle couve seule, le mâle rapporte la nourriture à sa famille, la donne à sa compagne qui en nourrit les petits. Pendant la nidification, ces derniers se nourrissent presqu'exclusivement de lemmings. L'envol des jeunes s'effectue au bout de 31 jours mais ils restent à proximité du nid jusqu'à ce qu'ils aient atteint l'âge de 40 à 45 jours

Distribution

Références utilisées

Autres références utiles

Fiche créée le 07/11/2002 par Didier Collin avec la participation de Daniel Le-Dantec © 1996-2017 Oiseaux.net