Goéland dominicain

Larus dominicanus - Kelp Gull

Systématique
  • Ordre
    :

    Charadriiformes

  • Famille
    :

    Laridés

  • Genre
    :

    Larus

  • Espèce
    :

    dominicanus

Descripteur

Lichtenstein, MHK, 1823

Biométrie
  • Taille
    : 65 cm
  • Envergure
    : 128 à 142 cm.
  • Poids
    : 900 à 1335 g
Longévité

24 ans

Distribution

Distribution

Description identification

Chez ce goéland de grande taille, la tête est entièrement blanche, se démarquant nettement du manteau noir. La queue est blanche. Les ailes sont noires avec un bord de traîne blanc et des petites fenêtres blanches aux extrémités.
Le bec est jaunâtre, avec une petite tache rouge à la pointe de la mandibule inférieure. Les pattes sont jaune verdâtre, grises en Afrique. Les iris jaunes sont encerclés par un anneau orbital rouge-orange. Le goéland dominicain est semblable au Goéland austral mais la bande subterminale noire est absente sur la queue et le bec est moins massif. En Afrique il se distingue du goéland noir (Larus fuscus) par ses pattes grises plutôt que jaunes, par son bec et son corps plus massifs. Les adultes non-nicheurs affichent quelques mouchetures brunes sur la tête et sur le cou.
Les juvéniles ont une teinte brun foncé avec des taches blanches ou chamoisées sur la tête, le cou, le dos et les parties inférieures. Les rémiges et les rectrices brun foncé ont des bordures chamois. Les secondaires et les scapulaires ont des extrémités blanches. Les immatures ont un gros apport de blanc sur le croupion et sur la queue. Les oiseaux de troisième année ont un plumage similaire à celui des non-nicheurs adultes. Le plumage mature est définitivement acquis au bout de la quatrième année.

Indications subspécifiques 5 Sous-espèces

  • Larus dominicanus dominicanus (s coasts)
  • Larus dominicanus vetula (southern Africa)
  • Larus dominicanus judithae (subantarctic islands of the Indian Ocean)
  • Larus dominicanus melisandae (s and sw Madagascar)
  • Larus dominicanus austrinus (Antarctica and Antarctic islands)

Noms étrangers

  • Kelp Gull,
  • Gaviota Cocinera,
  • Gaivota-dominicana,
  • Dominikanermöwe,
  • déli sirály,
  • Доминиканская чайка,
  • 黑背鸥,
  • Kelpmeeuw,
  • Gabbiano del kelp,
  • Dominikanertrut,
  • Taremåke,
  • mewa południowa,
  • čajka vznešená,
  • racek jižní,
  • Tangmåge,
  • etelänselkälokki,
  • Swartrugmeeu,
  • ミナミオオセグロカモメ,

Voix chant et cris

Goéland dominicain
adulte

Les goélands dominicains émettent un "ee-ah" ou "kee-aa" caractéristique, strident et répétitif. Le répertoire est complété par toute une variation de notes rauques et glapissantes. D'après Arkive, le cri d'alarme est un "pok" bref qui est répété à de multiples reprises.

Habitat

Le goéland dominicain fréquente principalement les régions côtières : en Afrique Australe, elles constituent même son habitat exclusif. Dans les autres endroits, par exemple les régions andines de l'Argentine, il visite souvent les grands lacs de l'intérieur des terres. En Nouvelle-Zélande, il recherche sa nourriture et il se repose près des lacs, des réservoirs ou sur le bord des estuaires et des cours d'eau. Il fréquente également les pelouses et les terres agricoles.
Le goéland dominicain niche dans les îles océaniques situées au large, sur les promontoires, les falaises maritimes, les plages, les pâtures, les étendues de lave. Il se reproduit aussi parfois dans des îlots rocheux situés au milieu de rivières et dans des zones urbaines.

Comportement traits de caractère

Le statut peut varier selon les régions. Le goéland dominicain est non-nicheur sur de nombreuses côtes africaines situées au nord de l'équateur (Mauritanie, sud du Maroc). En Australie, les oiseaux non nicheurs vagabondent sur les côtes du Queensland et du sud du pays. Il y a aussi quelques courts déplacements chez les populations néozélandaises, mais la plupart restent à proximité des sites de nidification. Les oiseaux des Malouines sont sédentaires. Le race la plus méridionale (judithae) demeure dans l'Antarctique tout au long de l'année, fréquentant les eaux ouvertes éloignées de la banquise.
Comme il possède les mêmes habitudes, le même régime et à peu près la même corpulence (voir biométrie), le goéland dominicain est en concurrence directe et en compétition sévère avec le Goéland austral (Larus pacificus). Cet oiseau est très lié à sa partenaire, établissant des liens conjugaux solides. Dans les couples, les principales responsabilités (construction du nid, incubation, soin, éducation et nourrissage des jeunes) sont partagées par les 2 membres.

Alimentation mode et régime

Le goéland dominicain possède un régime alimentaire très varié. Son menu est constitué de mollusques, de poissons, d'échinodermes, de vers de terre, d'arthropodes, de reptiles, d'amphibiens, d'autres espèces d'oiseaux avec leur œufs. Il consomme aussi des petits mammifères et occasionnellement des essaims de termites. Cet oiseau est extrêmement utile car c'est un grand nettoyeur qui ingurgite des ordures, des déchets de poissons, des débris qu'il trouve dans les usines de traitement des eaux usées et des charognes dont la provenance n'est pas précisée.
Mais il lui arrive de jouer un rôle moins positif : Le goéland dominicain pratique en effet le kleptoparasitisme sur les espèces de sternes. Il s'en prend souvent aux agneaux maladifs et aux jeunes volailles, il tue des anatidés aussi gros que les oies.
Dans la région subantarctique, il prélève des patelles et des berniques. Il n'est jamais très éloigné des colonies de phoques dont il dévore le placenta. Dans la péninsule de Valdes an Argentine, il atterrit sur le dos des baleines dont il prélève un peu de chair. Chaque fois que cela est possible, il fréquente les abattoirs et les usines de fabrication de conserves alimentaires. Comme de nombreux oiseaux marins, il suit les chalutiers en mer.
Le goéland dominicain utilise de nombreuses techniques de pêche : il plonge et il barbote, il picore sur des surfaces terrestres. Il laisse tomber les coquillages d'une assez grande hauteur pour en déchirer l'enveloppe.
Comme on peut s'en apercevoir, le goéland emploie de nombreuses stratégies originales qui lui sont propres et son alimentation est étroitement liée à l'activité humaine.

Reproduction nidification

Le goéland dominicain niche en octobre en Afrique du Sud, de septembre à décembre en Australie, de la mi-octobre à janvier en Nouvelle-Zélande, à la mi-novembre dans les îles subantarctiques et en décembre dans l'archipel des Malouines. Cet oiseau se reproduit principalement d'octobre à décembre en Amérique du Sud, mais à tous les mois de l'année dans les îles où il y a du guano en permanence. Il niche en colonies dont la composition varie de 12 à 100 couples. Il arrive cependant qu'il niche en couple isolé, la densité moyenne calculée étant environ de 30 à 100 couples par hectare.
Le goéland dominicain préfère généralement les substrats sableux ou rocheux qui sont recouverts d'une assez dense végétation. Le nid, assez imposant et massif, est bâti avec des plantes asséchées ou avec des algues, il est fréquemment placé à la base d'un buisson, d'un arbre, d'un rocher ou d'une autre sorte de structure verticale.
La ponte contient 3 œufs qui sont couvés pendant 24 à 30 jours. A la naissance, les poussins sont assez semblables à ceux des autres espèces de grands goélands, c'est à dire qu'ils possèdent un duvet brun avec des taches sombres plus marquées sur la tête. Les petits sont totalement emplumés et prennent leur envol au bout de 7 semaines après l'éclosion.

Distribution

Le goéland dominicain est un ressortissant de l'hémisphère sud. Il est solidement implanté sur 4 continents : Amérique du Sud, Afrique Australe et Océanie (principalement Nouvelle-Zélande et côte est de l'Australie) ; en dessous de la Terre de Feu, cet oiseau descend jusqu'au continent antarctique. Il y a officiellement 6 sous-espèces :
L. d. vetula - Afrique Australe à partir de la Namibie (Cape Cross), le long de la côte sud-africaine jusqu'au Natal, nicheur au Sénégal, mais non-reproducteur dans certaines parties de son aire (sur la côte occidentale : de l"Angola jusqu'en Mauritanie (Banc d'Arguin) et au sud-ouest du Maroc (Lagune Khnifiss), sur le côte orientale, jusqu'au sud du Mozambique).
L. d. melisandae - sud de Madagascar.
L. d. judithae - îles subantartiques de l'océan Indien.
L. d. antipodus - sud-est de l'Australie et Nouvelle-Zélande.
L. d. dominicanus - nord du Pérou et sud du Brésil (Rio de Janeiro), côtes de la Terre de Feu ; niche à partir du sud de l'Équateur.
L. d. austrinus - îles de Sud-Géorgie et archipel des Falklands, vers le sud jusqu'à l'Antarctique.

Menaces - protection

Statut de conservation IUCN
Eteint
Menacé
Préoccupation
mineure
Éteint
à l'état sauvage
Quasi
menacé
Non
évalué
EX EW CR EN VU NT LC NE

D'après le Handbook des oiseaux du Monde, le goéland dominicain n'est pas une espèce globalement menacée. Il est courant et évident sur la grande majorité de son aire de distribution ; en Nouvelle-Zélande, on a recensé plus d'un million de couples. En Amérique du Sud et aux Falklands, il y en a peut-être 50 000, en Afrique du Sud 15 000, entre 10 et 20 000 en Antarctique. La population australienne est assez réduite (seulement quelques centaines de paires) mais elle est en pleine progression avec de nouveaux sites en Australie Occidentale, en Tasmanie et dans les Nouvelles-Galles du Sud. Cette progression est liée au développement des cultures et des pêcheries.

Références utilisées

Autres références utiles

Fiche créée le 27/05/2015 par Daniel Le-Dantec © 1996-2017 Oiseaux.net