Océanite de Castro

Oceanodroma castro - Band-rumped Storm Petrel

Systématique
  • Ordre
    :

    Procellariiformes

  • Famille
    :

    Hydrobatidés

  • Genre
    :

    Oceanodroma

  • Espèce
    :

    castro

Descripteur

Harcourt, 1851

Biométrie
  • Taille
    : 21 cm
  • Envergure
    : 44 à 46 cm.
  • Poids
    : 29 à 56 g
Distribution

Distribution

Description identification

Cet océanite de taille moyenne a une queue courte et entaillée, se terminant en carré et avec une large bande blanche sur le croupion. La tête et la majorité des parties supérieures, y compris les couvertures alaires et la queue sont noir fuligineux. Le dessus des ailes affiche une diagonale légèrement plus pâle et souvent plus brune formée par de vagues bordures sur les grandes et les moyennes couvertures. Les fins liserés blancs situés à la pointe des tertiaires créent un surprenant fer-à-cheval au contact avec le croupion et les sus-caudales blanches.
Le dessous des ailes est uniformément noir fuligineux avec cependant une légère différence entre le brun foncé des couvertures et le noir sombre des secondaires. Les parties inférieures sont noir fuligineux, excepté les côtés blancs du croupion qui se poursuivent sur l'arrière des flancs et les parties latérales des sous-caudales.
Les iris sont noirâtres, le bec, les pattes et le pieds sont noirs. Les sexes sont identiques.
Aux îles Galapagos, les femelles ont des ailes plus longues. Il y a quelques variations géographiques dans des populations non nommées : notamment, les populations de Macaronésie (des Açores au Cap-Vert) ont un corps plus trapu, une tête plus grosse, un bec plus robuste, un dessus plus brun, une bande plus large sur le croupion et un déplacement constitué de battements plus forts et plus puissants.(Les océanites de Monteiro sont quasiment impossible à identifier physiquement).
Les juvéniles sont semblables aux adultes mais les grandes couvertures sont plus grises en plumage frais. Par rapport aux océanites de Wilson, les océanites de Castro, ont des pattes plus courtes, des ailes plus arrondies. Les océanites de Leach ont une queue plus courte et moins fourchue, une tête plus saillante en vol.

Indications subspécifiques espèce monotypique

Noms étrangers

  • Band-rumped Storm Petrel,
  • Paíño de Madeira,
  • Painho-da-ilha-da-madeira / Roquinho,
  • Madeirawellenläufer,
  • madeirai viharfecske,
  • Мадейрская качурка,
  • 斑腰叉尾海燕,
  • Madeirastormvogeltje,
  • Uccello delle tempeste di Castro,
  • Oceanlöpare,
  • Passatstormsvale,
  • nawałnik białorzytny,
  • víchrovníček černastý,
  • buřňáček madeirský,
  • Madeirastormsvale,
  • madeirankeiju,
  • ,
  • クロコシジロウミツバメ,

Voix chant et cris

Trois formes de vocalisations sont connues : le chant en vol ressemble au bruit que produirait un doigt sur une vitre. Dans une moindre proportion, il est émis également à terre. Il est composé de notes courtes et irrégulières qui sont plus claires et mélodieuses chez les mâles que chez les femelles. Le cri du terrier comprend un son long et ronronnant qui est dimorphique sexuellement et dont la différence entre le mâle et la femelle consiste principalement en une terminaison en fanfare. Aux Galapagos, le troisième et dernier cri, appelé aussi cri élevé est semblable chez les 2 partenaires, ayant les 7 mêmes syllabes "kee-kee-kee-kee-kee-kee-kee". Les océanites de Monteiro (espèce nichant à la saison chaude) sont sourds aux cris des océanites de Castro nichant aux Açores pendant la saison froide.

Habitat

Les océanites de Castro sont des oiseaux marins et hautement pélagiques qu'on trouve essentiellement dans les eaux chaudes. Ils s'approchent assez rarement de l'intérieur des terres excepté lorsqu'ils forment des colonies.
Ils nichent dans des petites îles qui ne subissent pas de dérangements ou de perturbations, dans des zones plates proches de la mer ou sur des falaises qui bordent l'intérieur des terres. Dans l'archipel des Hawaï, ils peuvent grimper probablement jusqu'à 3 000 mètres d'altitude.

Comportement traits de caractère

Les déplacement sont variables. Certains oiseaux sont majoritairement sédentaires, certaines colonies n'étant visitées que très rarement. Certains autres ont des facultés de déplacements très développés, voyageant du nord du Canada jusqu'à l'Irlande et visitant l'Atlantique du sud de l'Angleterre jusqu'au Surinam et au Brésil (parfois jusqu'à Rio). Les Nicheurs du nord-est de l'Atlantique se dirigent vers les eaux chaudes des Caraïbes et du golfe du Mexique, débordant sur la Floride et la Caroline (où elles sont présentes de mai à août).
Dans le Pacifique, le seul renseignement dont on soit sûr est que les oiseaux qui nichent aux Galapagos, remontent le long des côtes du Mexique jusqu'à la Baja et la Californie, n'allant pas plus haut.
Pour éviter la prédation des goélands et des labbes, les océanites de Castro pêchent à la période nocturne dans les zones de nourrissage. Pour renforcer les conditions de sécurité, ils évitent même d'être actifs pendant les nuits éclairées.

Alimentation mode et régime

Les océanites de Castro se nourrissent principalement de petits crustacés planctoniques, de poissons de petite taille et de calmars. Elles ingèrent également les aliments qui sont refusés par les humains et des débris qui sont rejetés par les prédateurs. Aux environs des Galapagos, leur régime est constitué surtout de poissons et de céphalopodes, alors qu'aux Açores, les principaux constituants sont les crustacés les calmars, et les poissons-lanternes qui sont appelés ainsi pour leur remarquable aptitude à la bioluminescence,.
Les océanites de Castro pêchent surtout en vol, mais ils capturent aussi les proies à la surface après avoir prospecté. Parfois, ils font des plongées profondes, généralement entre 40 et 120 m sous la surface de l'eau (l'indication de 170 mètres comme profondeur maximale semble être un renseignement erroné dû à une mauvaise manipulation de matériel). L'activité se déroule pendant la journée et a lieu en solitaire ou en petits groupes dans l'océan Atlantique.

Reproduction nidification

La période de nidification varie selon les saisons et les régions. Le retour dans les colonies commence 2 mois avant la ponte mais, contrairement aux autres océanites de la famille des hydrobatidés, il n'est pas toujours précédé par une nette coupure dans la pré-activité sexuelle. Aux Galapagos, Sainte-Hélène, Madère, les Canaries et les Açores, la reproduction dure 5 à 6 mois, est scindée en 2 parties distinctes et est qualifiée de bi-modale : aux Galapagos, la ponte s'effectue en mai-juin et novembre-janvier. A Sainte-Hélène, elle se déroule de la fin mars au début de juillet (saison froide) et de la fin septembre à la fin décembre (saison chaude). Aux îles Açores, elle a lieu en juin-juillet (saison chaude) et en octobre-décembre (saison fraîche). Les oiseaux qui nichent dans les îles de Praïa et Baixo ainsi probablement que Flores et Corvo appartiennent à la sous-espèce distincte appelée océanite de Monteiro. Au Japon, la saison de nidification est constituée en un seul bloc. Au Cap-Vert, la période qui correspond à la saison chaude est plus étendue (janvier-juin). C'est également le cas à Ascension (début octobre-fin décembre). Aux Açores, la séparation entre la saison chaude et la saison froide n'est pas toujours très nette et les terriers peuvent être occupés pendant une durée diverse.
Les océanites de Castro nichent en colonies qui peuvent contenir différentes sortes de pétrels. La ponte est déposée dans une crevasse de rocher ou dans un terrier. Dans les îles du Cap-Vert, des nids abandonnés d'océanites frégates (Pelagodroma murina) sont souvent utilisés. Aux Açores, les terriers mesurent 34 cm de profondeur, ils ont une entrée circulaire qui mesure 11 cm sur 13. L'espace entre chaque nid est d'environ 9 mètres et la déclivité est de 29%. Au Japon, la compétition avec les puffins leucomèles (Calonectris leucomelas) est souvent sévère pour l'acquisition des sites.
Les océanites de Castro déposent un seul œuf blanc qui mesure environ 33 mm sur 25 et pèse en moyenne 10 grammes. Sur Ascension, l'incubation dure de 38 à 42 jours. A la naissance, les oisillons ont un duvet gris. Aux Galapagos, ils sont nourris pendant 60% des nuits.
La durée du séjour au nid varie de 59 à 73 jours. Le succès des nichées est variable, il atteint jusqu'à 51% aux Açores. Aux Galapagos, il est considérablement plus important pendant les saisons froides que pendant les saisons chaudes.
Apparemment, les juvéniles sont capables de se reproduire dès la saison suivante. La mortalité des adultes est faible, ne dépassant pas les 6%. L'espérance de vie est généralement de 11 ans.

Distribution

Les océanites de Castro vivent dans les eaux tropicales et subtropicales l'océan Atlantique, ils nichent dans l'est de l'Atlantique des îles Bertengas (au large du milieu du Portugal) jusqu'aux Açores, à l'île Ascension et à l'île Sainte-Hélène. Dans l'océan Pacifique, ils résident aussi dans les eaux tropicales. Ils se reproduisent à l'est du Japon, à Kauai (Hawaï) et dans l'archipel des Galapagos).
C'est en 1996 que, pour la première fois, fut mise en évidence la coexistence de deux populations d'océanites aux Açores, l'une se reproduisant à la saison chaude, l'autre à la saison froide. Une étude de 2007 a permis de déterminer que la première reste quasi insensible aux appels de la seconde, et aux appels des océanites de Castro des autres océans du Monde. Une étude sur son ADN confirma qu'elle était une espèce génétiquement isolée. Au monde, il s'agit du seul exemple remarquable de spécialisation sympatrique par allochronie.

Menaces - protection

Statut de conservation IUCN
Eteint
Menacé
Préoccupation
mineure
Éteint
à l'état sauvage
Quasi
menacé
Non
évalué
EX EW CR EN VU NT LC NE

D'après le Handbook, cette espèce n'est pas globalement menacée. La population, assez répandue, est estimée, selon les observateurs, à 46 000 paires ou à 150 000 individus. Les chiffres dans l'océan Pacifique sont plus imprécis, mais les colonies japonaises, au large de Honshu, contiennent environ 25 000 oiseaux. Pour Hawaï, on ne possède aucun nombre aussi précis. Les océanites de Castro vivant aux Galapagos sont répartis en 15 colonies qui renferment 15 000 individus. Les colonies de l'Atlantique Sud ont des tailles plus modestes : 150 couples à Sainte-Hélène et 1 500 couples à l'île Ascencion. Les colonies d'Atlantique Centre sont moyennes : 1 000 paires au Cap-Vert, 500 paires aux Canaries, 1 000 paires à Madère et entre 800 et 1 000 couples aux Açores répartis dans 13 colonies. Le recensement des Açores prend aussi en compte les océanites de Monteiro qui ne sont pas différenciables visuellement. Depuis une période récente, les océanites de Castro ont subi un léger déclin dû à la sur-pêche dans le nord-est de l'Atlantique et par l'introduction de mammifères tels que les mangoustes, les chats et les rats. Les crabes terrestres sont aussi des prédateurs.

Références utilisées

Autres références utiles

Fiche créée le 12/04/2015 par Daniel Le-Dantec © 1996-2017 Oiseaux.net