Océanite de Wilson

Oceanites oceanicus - Wilson's Storm Petrel

Systématique
  • Ordre
    :

    Procellariiformes

  • Famille
    :

    Oceanitidés

  • Genre
    :

    Oceanites

  • Espèce
    :

    oceanicus

Descripteur

Kuhl, 1820

Biométrie
  • Taille
    : 19 cm
  • Envergure
    : 38 à 42 cm.
  • Poids
    : 35 à 45 g
Longévité

15 ans

Distribution

Distribution

Description identification

Cette petite Océanite noire, aux longues pattes, à la queue carrée possède également des pieds et des sus-caudales blanches. La tête et les parties supérieures sont majoritairement noir fuligineux, avec une nuance plus claire sur les sur les rémiges et du blanc sur les sus-caudales qui contraste avec la couleur sombre du croupion et de la fin de la queue. Les couvertures alaires noires sont agrémentées par la tache gris pâle des grandes couvertures. L'extrémité des grandes et souvent des moyennes couvertures est blanchâtre. Les plumes du dessous des ailes sont noirâtres avec des pointes claires au niveau des couvertures secondaires, ce qui forme une barre pâle à proximité du milieu de l'aile. Les parties inférieures sont noir fuligineux excepté les sous-caudales et les cuisses qui constituent un bel ensemble blanc.
Les iris sont brun sombre. Le bec, les pattes et les pieds sont noirs. Les palmes sont jaunâtres avec des bordures sombres. Les deux partenaires sont identiques, bien que la femelle ait une envergure légèrement plus développée. Les juvéniles ressemblent aux adultes, mais les jeunes de premier été ont un plumage frais alors que leurs parents ont des plumes très usées ou en mue pendant les mois de mai et de juin.
La race exasperatus a des ailes et une queue plus longues. Les populations proches du cap Horn sont parfois distinguées comme une sous-espèce à part (chilensis) en raison de leur petite taille et de leurs discrètes mouchetures blanches sur le ventre.

Indications subspécifiques 3 Sous-espèces

  • Oceanites oceanicus oceanicus (subantarctic islands)
  • Oceanites oceanicus exasperatus (Antarctica, South Shetland and South Sandwich Is.)
  • Oceanites oceanicus chilensis (Tierra del Fuego)

Noms étrangers

  • Wilson's Storm Petrel,
  • Paíño de Wilson,
  • Painho-casquilho,
  • Buntfuß-Sturmschwalbe,
  • Wilson-viharfecske,
  • Wilsons Stormvogeltje,
  • Uccello delle tempeste di Wilson,
  • Havslöpare,
  • Wilsonstormsvale,
  • búrkozvest pestronohý,
  • buřňáček Wilsonův,
  • Wilsons Stormsvale,
  • etelänkeiju,
  • Gewone Stormswael,
  • ocell de tempesta de Wilson,
  • Hafsvala,
  • oceannik żółtopłetwy,
  • Vilsona vētrasburātājs,
  • antarktični strakoš,
  • Качурка Вильсона,
  • Petrel-badai coklat,
  • アシナガウミツバメ,
  • 黄蹼洋海燕,
  • 黃蹼洋海燕,

Voix chant et cris

L'océanite de Wilson délivre son cri à partir du sol, c'est un "aark-aark" bisyllabique, nasal et grinçant. Il est émis par les 2 sexes. Cependant, le mâle émet un bavardage monotone très particulier, un "aark-uh-ah-ah-ah-uh-uh", dont le but est d'attirer l'attention de sa partenaire. Il n'y a pas de cri produit en vol.
Selon certains auteurs, les océanites de la race nominale qui vivent aux Kerguelen ont un répertoire qui est très différent de celui des races qui vivent en Géorgie du Sud-et-les Îles Sandwich du Sud. Lorsqu'ils volent au-dessus de l'océan, ce sont des oiseaux très silencieux.

Habitat

L'océanite de Wilson est un oiseau pélagique. Cet oiseau préfère éviter les eaux glaciales situées au-dessus de la plate-forme continentale. Il délaisse également les côtes intérieures, spécialement pendant la période de reproduction. A la fin de celle-ci, il vagabonde au-dessus des eaux pélagiques et marines, survolant particulièrement les zones qui sont riches en plancton.
L'océanite de Wilson niche sur les îlots rocheux, sur les falaises et sur les éboulis de pierres.
Autant que faire se peut, elle évite la neige et les plaques de glace. Il arrive cependant qu'elle niche à 120 kilomètres à l'intérieur de l'est du continent Antarctique et dans des endroits situés à environ 600 mètres au-dessus de la mer.

Comportement traits de caractère

Les océanites de Wilson pêchent principalement quand elles sont dans les airs. Dans trois quarts des cas, elles plongent à une faible profondeur, dans le reste des cas, elles pataugent ou elles tapotent. Il leur arrive également de capturer leur nourriture en effleurant la surface de l'eau. Les plongeons au cours desquels l'oiseau est totalement immergé sont assez rares. Apparemment l'océanite de Wilson est capable de détecter ses proies grâce à son odorat. Elle suit régulièrement les bateaux et les chalutiers, et longe la trajectoire des cétacés (cachalots, baleines mais aussi dauphins).
Elles forment de très grands rassemblements (parfois plus de 1 000 oiseaux de mer) avec les océanites noirs (Hydrobates melania), les océanites cendrés (H. homochroa) et les océanites à queue fourchue (H.furcatus).
L'océanite de Wilson est un migrateur trans-équatorien. Le mouvement migratoire de cet oiseau débute de mars à mai, dès l'envol des poussins. Il quitte alors les colonies de l'Antarctique et se dirige lentement vers le nord en longeant les côtes de l'Afrique. L'espèce est présente en grand nombre durant notre été dans le courant du Gulf Stream, au large entre l'Europe et l'Amérique du Nord. La migration de retour vers l'hémisphère sud a lieu de septembre à novembre, principalement au large de l'Amérique du Sud. La plupart des oiseaux observés dans l'Atlantique Nord seraient d'origine antarctique.
Il existe une seconde route migratoire dans l'océan Indien. Elle passe par la péninsule arabique, les côtes de l'Iran et se poursuit dans les Grandes îles de la Sonde. Parvenue dans l'océan Pacifique, elle devient assez rare au nord de l'équateur. En décembre-janvier, cette océanite retourne en Antarctique pour se reproduire en profitant de l'été austral, ce qui lui fait près de 40 000 km à parcourir en un an, soit l'équivalent d'un tour du monde à la seule force de ses ailes..
Le vol : L'océanite de Wilson plane plus souvent que ses autres congénères. Quand elle pêche, elle effleure la surface de l'eau. Lorsqu'elle est posée, elle relève les ailes et elle progresse en pédalant à la surface avec ses pattes pour lutter contre le vent.

Alimentation mode et régime

L'océanite de Wilson consomme du plancton, des poissons, des crustacés et plus particulièrement des crevettes. Il leur arrive également d'ingurgiter des polychètes, des annélides, des gastropodes et de la charogne.
Aux abords des îles subantarctiques, le régime alimentaire est dominé par des amphipodes et des euphoslides qui sont des sortes de crevettes. Dans l'Antarctique, leur poids corporel est plus important à cause de leur régime qui est composé plus abondamment (46%)de céphalopodes (en particulier des calamars), qui dépasse largement la consommation en euphoslides (34%). Dans l'Antarctique, les poissons consommés sont exclusivement des myctophidés dont la taille varie de 60 à 85 mm.
Peu de renseignements sont fournis sur l'alimentation en dehors de la saison de nidification, il semble toutefois que celle-ci soit constituée typiquement de crustacés, de petits poissons et de leurs œufs, de mollusques, de vers néréides, de gouttelettes d'huile et de déjections de cétacés, ce qui représente un menu bien plus varié que pendant la période nuptiale.

Reproduction nidification

Aux îles Orcades du Sud, aux Crozets et dans l'archipel des Géorgiades, la saison de nidification commence en novembre-décembre, la plupart des nicheurs revenant dans les colonies au cours des premières semaines de décembre. Avant de rejoindre les lieux de ponte, les femelles effectuent un exode pré-nuptial solitaire qui dure en moyenne 11 jours. Elles rejoignent ensuite les mâles. Le dépôt des œufs peut alors avoir lieu à partir du 13 écembre en Terre Adélie, mais seulement à partir du 25 janvier dans l'archipel des Kerguelen.
Comme la plupart des océanites de la famille des hydrobatidés, ces oiseaux ont une activité nocturne, mais la véritable obscurité n'existe pas dans les contrées situées le plus au sud pendant l'été austral. Les océanites de Wilson sont monogames et plus de la moitié des couples établissent des liens conjugaux qui durent pendant de longues périodes. Les colonies sont relativement lâches, souvent en association avec des prions du genre Pachyptila ou avec d'autres oiseaux pélagiques. Les nids sont des tunnels de 20 à 50 centimètres de long, des cavités naturelles ou des crevasses rocheuses, l'intérieur reste nu ou alors il est garni avec quelques plumes
Pendant la saison, il n'y a habituellement qu'une couvée, avec occasionnellement un œuf de substitution en cas d'échec. La ponte contient un œuf unique blanc avec des petites taches sur la partie la plus large de la coquille. Il mesure 34 mm sur 23 et pèse environ 10 grammes. L'incubation dure en moyenne 43 jours et chaque parent effectue un relais tous les 2 jours. L'éclosion a lieu entre janvier et mars. Les petits ont un duvet gris-brun, ils sont réchauffés pendant près de 90% du séjour au nid et chaque jour il reçoivent un repas qui leur fournit 7,5 g d'aliments. Les juvéniles quittent le nid en avril, quand leur poids est compris entre 45 et 97 grammes. Mais auparavant, au bout de 7 semaines, ils obtiennent une masse corporelle qui peut atteindre 192% de celle des adultes.
Le succès des couvées est considérablement limité par la prédation des labbes du pôle sud (Catharacta maccormicki). Les jeunes océanites atteignent la maturité sexuelle à l'âge de 3 ans.

Distribution

· O. o. chilensis - se reproduit dans la Terre de Feu, son aire s'étend aussi au nord que les côtes du Pérou.
· O. o. oceanicus - fréquente la plupart des grands océans, niche dans les îles subantarctiques, du cap Horn jusqu'aux Kerguelen et jusqu'à Heard Island.
· O. o. exasperatus - sur tous les grands océans, niche au sud des îles Sandwichs, sur les îles de la mer de la Scotia et les côtes de l'Antarctique. .

Menaces - protection

Statut de conservation IUCN
Eteint
Menacé
Préoccupation
mineure
Éteint
à l'état sauvage
Quasi
menacé
Non
évalué
EX EW CR EN VU NT LC NE

L'océanite de Wilson est le plus abondant de tous les oiseaux de mer. Sa population est estimée à plusieurs millions de couples (entre 4 et 10 millions de couples dont un peu plus de 600 000 aux Géorgiades du Sud et de 2 millions à 500 000 aux îles Kerguelen). Il est plus réduit dans les autres îles subantarctiques, les populations sont plus succinctes (îles Crozet et cap Horn). D'autres archipels contiennent des populations très abondantes (Shetlands du Sud, Sandwichs du Sud, Orcades du Sud), ces colonies insulaires regroupant plus d'1 million d'individus.
Quelques colonies sont l'objet de l'attention toute particulière des prédateurs comme les chats et les rats, d'autres lieux sont libérés de ces sortes de préoccupations. La principale menace réside sans doute dans la concurrence avec les pêcheries commerciales qui prélèvent une grande quantité de crevettes des fonds marins. Les océanites de Wilson bénéficient indirectement de la chasse à la baleine qui élimine sans le vouloir un sérieux compétiteur alimentaire.
Les pesticides et les métaux lourds ont une influence réduite sur la nidification. Par contre, les neiges et les glaces limitent l'usage des terriers et des tunnels pendant un bonne période de l'année.

Iconographie

plus de photos

Références utilisées

Autres références utiles

Fiche créée le 28/06/2015 par Daniel Le-Dantec © 1996-2017 Oiseaux.net