Sittelle corse

Sitta whiteheadi - Corsican Nuthatch

Systématique
  • Ordre
    :

    Passériformes

  • Famille
    :

    Sittidés

  • Genre
    :

    Sitta

  • Espèce
    :

    whiteheadi

Descripteur

Sharpe, 1884

Biométrie
  • Taille
    : 12 cm
  • Envergure
    : -
  • Poids
    : 11.8 à 14.4 g
Distribution

Distribution

Description identification

Malgré sa petite taille, la Sittelle corse a un bec relativement long. Ses parties supérieures sont gris-bleu moyen. Elle présente un large sourcil blanc. Le capuchon et le trait oculaire sont noirs chez le mâle, de la même couleur que le dessus chez la femelle. Les rectrices externes sont noires avec des taches subterminales blanches et des pointes grises. Les côtés de la tête et la gorge sont blancs, se fondant dans le blanc grisâtre des parties inférieures. Le ventre, les flancs et les sous-caudales sont plus ou moins nuancés de chamois. C'est la seule sittelle vivant en Corse, aussi son identification est-elle aisée.
L'identification du mâle par rapport à la femelle est facilitée par la couleur de la calotte (voir ci-dessus). De plus, chez la femelle, le trait oculaire est gris en arrière de l'œil et il est moins bien défini que chez son partenaire. Les juvéniles sont semblables à leur adulte respectif. Néanmoins, ils ont une livrée plus terne et ils présentent un peu de brun au niveau des grandes couvertures.

Indications subspécifiques espèce monotypique

Noms étrangers

  • Corsican Nuthatch,
  • Trepador corso,
  • Trepadeira-corsa,
  • Korsenkleiber,
  • korzikai csuszka,
  • Корсиканский поползень,
  • 白头,
  • Corsicaanse Boomklever,
  • Picchio muratore corso,
  • Korsikansk nötväcka,
  • Korsikaspettmeis,
  • kowalik korsykański,
  • brhlík korzický,
  • brhlík korsický,
  • Korsikansk Spætmejse,
  • korsikannakkeli,
  • ,
  • コルシカゴジュウカラ,

Voix chant et cris

Sittelle corse
♂ adulte

Le cri de contact est un "pu" simple ou produit en séries de 5 à 6 notes rapides "pupupupupu". On peut l'entendre juste avant ou pendant le vol. En cas d'agitation, la Sittelle corse émet des "psch-psch-psch" qui deviennent plus rudes et plus puissants si l'excitation grimpe, se transformant en "chay-chay-chay" ou en "sch-wer, sch-wer", un peu comme les cris d'un geai distant. Le chant est une série de notes claires et aiguës, ayant souvent une qualité chevrotante "hididididid". Une variante comporte des sifflements montants "dioudioudioudiou" ou "dui dui dui" ou une combinaison des deux "dioudioudiou diou -di-di-di". La Sittelle corse chante assez régulièrement au printemps, mais se montre très discrète voire muette quand elle élève des petits.

Habitat

Sittelle corse
♂ adulte

Les Sittelles corses choisissent en priorité les forêts de pins corses ou pins laricio qui sont caractérisées par d'abondantes précipitations en automne et en hiver et par une relative sècheresse en été. Leur habitat privilégié est constitué de parcelles composées presque exclusivement de vieux arbres multicentenaires, pourrissant, qui alternent avec quelques clairières. Entre avril et octobre, les Sittelles corses résident à des altitudes qui varient de 750 à 1 800 mètres, leur habitat optimal se situant entre 1 000 et 1 500 m. Les densités de sittelles sont nettement moins importantes dans les forêts jeunes ou en bonne santé, dans les parcelles qui sont strictement aménagées ainsi que dans les peuplements où les pins laricio sont mélangés avec des pins maritimes, des hêtres ou des sapins argentés. Au dessus de 1 500 m, les arbres sont épars ou rabougris, si bien que les densités sont basses. En période hivernale, les sitelles descendent en dessous de 1000 m et pénètrent dans les zones de pins maritimes. Elles peuvent se rapprocher encore plus du niveau de la mer, mais même dans ce cas-là, elles continuent à accorder leur préférence aux parcelles de pins.

Comportement traits de caractère

Les Sittelles corses ont un instinct territorial très développé. Elles occupent leur territoire toute l'année, stationnant souvent à 50 mètres les unes des autres et maintenant le contact grâce à des cris paisibles. Ces oiseaux ne sont pas très timides. Au printemps et en été, ils recherchent leur nourriture dans les cônes et les épines de pins. A partir de l'automne, ils prospectent plus particulièrement sur les troncs et sur les grosses branches. Si cela s'avère nécessaire, les Sittelles corses peuvent pratiquer le vol stationnaire pour prélever leur nourriture dans les cônes. Il leur arrive également de chasser à la manière des gobemouches. En dehors de la saison de reproduction, les Sittelles corses peuvent rechercher leur nourriture en compagnie d'autres petits passereaux au sein de bandes mixtes.

Alimentation mode et régime

De mai à août, les Sittelles corses s'alimentent principalement avec des insectes et des araignées. Pendant le reste de l'année, le menu est composé de végétaux, en particulier les graines du pin corse. Comme de nombreuses sittelles, les Sittelles corses effectuent des réserves pour l'hiver. Elles cachent les graines sous l'écorce ou elles les déposent sur d'épaisses ramures en prenant bien soin de les masquer avec des fragments d'écorce ou des bouts de lichen. Ces réserves sont essentielles à leur survie, notamment au début du printemps lorsque la neige interdit l'accès aux cônes de pins.

Reproduction nidification

La saison de nidification se déroule aux mois d'avril et de mai. Les femelles déposent généralement leurs œufs d'une seule traite à la fin du mois d'avril ou au début du mois de mai. Le nid est toujours placé dans un grand pin corse mort ou en mauvaise santé, entre 2 et 30 mètres au-dessus du sol. La cavité est creusée par les 2 membres du couple dans la souche d'un vieil arbre âgé d'environ 200 à 300 ans au moment de sa mort. Parfois, des arbres vivants mais partiellement vermoulus sont également utilisés. La plupart du temps, les Sittelles corses continuent des cavités qui ont été entamées puis abandonnées par des pics. Dans les troncs particulièrement pourris, il peut y avoir 2 entrées. Les travaux de perforation sont réalisés à la fois par le mâle et par la femelle. Ces derniers n'utilisent ni boue ni résine pour obturer l'entrée du nid.

Le nid en lui-même est confectionné avec des épines de pins, des copeaux de bois et des morceaux d'écorce. Il est garni avec du crin, des plumes, de la mousse, des lichens et d'autres fibres végétales. La ponte comprend 5 ou 6 œufs, de couleur blanche avec des taches rougeâtres particulièrement nombreuses sur la partie large de la coquille. On peut également remarquer quelques légères marques brunes ou gris-violet foncé. La femelle couve seule pendant une période indéterminée. Pendant la période d'incubation, elle est ravitaillée au nid par son partenaire. Les jeunes prennent leur envol au bout de 22 à 24 jours. Il peut y avoir 2 nichées dans la saison. En cas d'échec ou de perte de la première couvée, il y a probablement une nichée de substitution.

Distribution

Comme leur nom l'indique bien, ces sittelles vivent exclusivement en Corse où leur territoire se réduit à la chaîne montagneuse centrale. Leur aire de distribution s'étend de la forêt de Tartagine jusqu'à celle d'Ospedale. Les zones les plus fréquentées sont le massif du Monte Cinto, du Monte Rotondo et du Monte Renoso.

Menaces - protection

Statut de conservation IUCN
Eteint
Menacé
Préoccupation
mineure
Éteint
à l'état sauvage
Quasi
menacé
Non
évalué
EX EW CR EN VU NT LC NE

En 1984, la population était estimée à 2 000 couples répartis sur une superficie d'environ 24 000 hectares. Ces chiffres représentaient un déclin important par rapport aux années 50 où les effectifs globaux atteignaient environ 3 000 couples étalés sur plus de 43 000 hectares. Ce déclin s'explique principalement par les incendies estivaux qui sont fréquents et par l'abattage des arbres morts qui constituent le site privilégié de la Sittelle corse.
Le nombre assez élevé de Pics épeiches entraîne sans doute une prédation accrue sur les jeunes sittelles. Néanmoins, la Sittelle corse s'adapte bien à son environnement : elle est tolérante de la proximité des habitations, des lignes à haute tension et des bruits occasionnés par la circulation. Depuis 1994, l'espèce dont l'entière population vit dans le Parc Naturel Régional, est classée comme presque menacée (NT).

Iconographie

plus de photos

Références utilisées

Autres références utiles

Fiche créée le 04/05/2010 par Daniel Le-Dantec © 1996-2017 Oiseaux.net