Aigle pomarin

Clanga pomarina - Lesser Spotted Eagle

Systématique
  • Ordre
    :

    Accipitriformes

  • Famille
    :

    Accipitridés

  • Genre
    :

    Clanga

  • Espèce
    :

    pomarina

Descripteur

(Brehm, CL, 1831)

Biométrie
  • Taille
    : 64 cm
  • Envergure
    : 145 à 170 cm.
  • Poids
    : 1000 à 1400 g
Longévité

17 ans

Distribution

Distribution

Description identification

L'Aigle pomarin est un petit aigle au plumage sombre dont la distinction spécifique est relativement récente. En effet, jusqu'au 19e siècle, il était confondu avec son congénère actuel l'Aigle criard. Si on le compare à ce dernier, il est un peu plus petit et mieux proportionné. Ses ailes sont moins larges, ce qui fait paraître sa queue plus longue, queue également bien arrondie, voire un peu cunéiforme.
Le plumage adulte est d'un brun "chocolat au lait", pouvant paraître plus sombre à mauvaise lumière. Au vol, les parties supérieures sont moins uniformes que chez le criard. Le manteau sombre contraste avec les couvertures alaires brun-beige et forme comme un dossard. Les rémiges sont brun sombre avec un flash clair très visible à la base des primaires au niveau de la main. Les rectrices sont brun sombre, elles aussi, et soulignent un arc pâle, bien visible lui aussi, sur les sus-caudales. En vue de dessous, les couvertures alaires sont d'un brun plus chaud et plus pâle que le brun sombre des rémiges, situation inverse de celle observée chez le criard. Comme chez ce dernier, les sous-caudales sont pâles.
Au posé, toujours par rapport au criard, la tête est souvent plus pâle avec un œil jaune plus visible, les tarses sont plus étroitement encore emplumés de brun, mais les narines sont arrondies de façon identique.
Le plumage juvénile est d'un brun plus soutenu, avec des taches crème à l'extrémité des grandes couvertures sus et sous-alaires et dans une moindre mesure des couvertures moyennes et des tertiaires, comme chez le criard mais avec une extension bien moindre, donc moins visibles. Vues au vol, les taches des grandes couvertures forment des lignes claires sur et sous l'aile. Des flammèches claires strient les parties inférieures et les culottes. L'iris est brun. Avec l'âge, les taches et stries claires tendent à s'estomper pour disparaître complètement chez l'adulte et l'iris pâlit.

Indications subspécifiques espèce monotypique

Noms étrangers

  • Lesser Spotted Eagle,
  • Aguila Pomerana,
  • Águia-pomarina,
  • Schreiadler,
  • Békászó sas,
  • Малый подорлик,
  • 小乌雕,
  • Schreeuwarend,
  • Aquila anatraia minore,
  • Mindre skrikörn,
  • Småskrikørn,
  • orlik krzykliwy,
  • orol krikľavý,
  • orel křiklavý,
  • Lille Skrigeørn,
  • pikkukiljukotka,
  • Gevlekte Arend,
  • アシナガワシ,

Voix chant et cris

Aigle pomarin
adulte

Le cri le plus courant, émis sur le territoire de reproduction, est un "yuk" sonore et répété. Hors de ce contexte, l'espèce est silencieuse.

Habitat

L'Aigle pomarin habite préférentiellement les espaces qui comprennent à la fois de grands massifs forestiers, des secteurs agricoles et des zones humides. Il trouve son habitat optimal à faible altitude, par exemple dans les grandes vallées alluviales et leurs boisements caducifoliés, mais on le trouve également en altitude jusqu'à plus de 2 000 m dans certaines contrées du sud de l'aire. Ce sont alors des forêts de conifères ou mixtes qui sont occupées lorsqu'il n'a pas le choix. Le principal est que le territoire soit diversifié et riche en proies potentielles. Il est moins lié à l'eau et aux zones humides que le criard et se rapproche donc de ce point de vue de la Buse variable.

Comportement traits de caractère

Aigle pomarin
adulte

A l'instar du criard, l'Aigle pomarin est un oiseau assez nonchalant dans son comportement. Ses serres peu puissantes ne le prédisposent pas à être un grand chasseur. C'est un prédateur dont la prédation s'exerce avant tout sur les vertébrés de petite taille qu'il chasse essentiellement à l'affût en milieu ouvert. Mais il peut aussi chasser en se déplaçant au sol grâce à ses pattes longues et étroitement emplumées.
Il pratique volontiers le vol à voile au-dessus de son territoire comme le ferait une buse. Autant il peut être discret et passer inaperçu en temps normal, autant, dès l'arrivée sur les lieux de reproduction au printemps, il se fait démonstratif le temps de la pariade.
Les manifestations territoriales comprennent comme chez tous les rapaces des piqués suivis de ressources, mais aussi de la part du mâle, des battements d'ailes rapides au-dessus du plan du corps, accompagnés des cris dont il est fait mention plus haut. On s'attendrait à plus noble de la part d'un aigle. Le couple, sauf aléas, est uni pour la vie. L'espérance de vie adulte est de 25 à 30 ans. Le couple règne sur un assez vaste territoire.
Le vol : L'Aigle pomarin privilégie chaque fois qu'il le peut le vol plané. Il plane avec les mains tenues sous le plan du corps, donc un peu tombantes, ce qui le distingue immédiatement à distance d'une buse qui elle plane avec les ailes relevées en V ouvert. Il utilise systématiquement ce vol en migration, en recherchant les courants ascendants et allant d'une "pompe" à l'autre comme font tous les grands planeurs. Le vol battu est souple et les battements amples comme chez le criard.

Alimentation mode et régime

Le régime alimentaire de base est constitué de petits vertébrés, et tout d'abord de petits mammifères tels que les campagnols. En cela, son écologie se rapproche de celle de la buse. Il met à profit les zones humides pour chasser les amphibiens, les grenouilles surtout, comme le fait le couple français dont le site de nidification domine un lac et un marais. Il adapte en fait sa prédation aux ressources locales. Au sud de l'aire, la diète comprendra ainsi plus de reptiles que dans le nord. Il n'est pas vraiment taillé pour chasser les oiseaux, et quand il le fait, c'est de façon opportuniste à la faveur d'une circonstance favorable, par exemple en chassant de jeunes Travailleurs à bec rouge, espèce toujours très populeuse, en Afrique (source HBW).

Reproduction nidification

La nidification est arboricole. Le nid est situé à l'intérieur d'un grand massif forestier, loin des lisières. Il est fait de branchages et construit dans la partie haute d'un grand arbre, à plus de 10 m du sol.
Le retour des adultes a lieu en avril. Une fois l'aire rechargée, la femelle y dépose deux oeufs blanchâtres tachetés de brun. L'incubation dure une 40e de jours, assurée par la femelle qui commence à couver dès le premier oeuf pondu. Le plus souvent, un seul poussin survivra et quittera le nid vers l'âge de 2 mois environ. Il deviendra indépendant trois à quatre semaines plus tard. Le départ en migration interviendra à partir de la mi-septembre.
Dans l'ouest de l'aire, les cas d'hybridation avec l'Aigle criard sont fréquents et en augmentation.

Distribution

L'Aigle pomarin est endémique de l'ouest paléarctique. Par rapport au criard, il a une répartition restreinte au cœur du continent européen. L'aire de nidification s'étend essentiellement, aux latitudes moyennes, de l'Allemagne à l'ouest de la Russie et de la Baltique à la Méditerranée Orientale. Des populations marginales se trouvent en Asie Mineure et dans le Caucase. De façon plus anecdotique, un couple isolé se reproduit dans l'est de la France depuis l'année 2003, et des indications existent quant à sa possible reproduction dans le nord-est de l'Algérie.
C'est un grand migrateur. L'aire d'hivernage, très méridionale, s'étend sur l'est de l'Afrique, du Soudan à l'Afrique du Sud. La majorité de la population transite par le détroit du Bosphore où la migration peut revêtir un aspect spectaculaire les jours de grand passage. Les migrateurs traversent ensuite l'Égypte.

Menaces - protection

Statut de conservation IUCN
Eteint
Menacé
Préoccupation
mineure
Éteint
à l'état sauvage
Quasi
menacé
Non
évalué
EX EW CR EN VU NT LC NE

Pour l'instant, l'espèce n'est pas globalement menacée, même si elle est en forte régression dans plusieurs pays. Au cours des deux derniers siècles, l'aire s'est restreinte sur sa marge occidentale. Cet aigle devait nicher jusqu'au début du 19e siècle dans l'est de la France. Il a dû en être chassé par les persécutions qui étaient systématiques à cette époque. L'espèce a aussi beaucoup régressé en Allemagne et on ne la trouve plus actuellement que dans la partie orientale du pays. De 100 000 oiseaux environ dans les années 80, la population totale se serait réduite de moitié en 25 ans. La Lettonie et le Bélarus sont les principaux bastions actuels. L'espèce est très sensible à l'altération de ses habitats du fait de l'optimisation de la gestion forestière, de la banalisation des paysages agricoles, de l'usage intensif de pesticides et de l'altération des zones humides. La situation de l'espèce pourrait donc continuer à se dégrader. Autre facteur négatif, la destruction par tir des migrateurs dans certains pays situés sur les trajets migratoires, qui pourrait porter atteinte à la démographie de l'espèce. Il convient donc de rester très attentif à son sort.

Iconographie

plus de photos

Références utilisées

Autres références utiles

Fiche créée le 04/12/2016 par Jean François © 1996-2017 Oiseaux.net